L'Espace Dalí présente pour la première fois en France la collection d'oeuvres offertes et dédicacées par Salvador Dalí à son ami et Secrétaire Enrique Sabater. Du 10 Février au 10 Mai 2012, le public a admiré une centaine de dédicaces composée d'huiles, aquarelles, esquisses, dessins, maquettes de mobilier, et photographies qui sont autant de témoignages de l'amitié qui liait le génie catalan à celui qui fut son secrétaire pendant plus de douze ans.

La rencontre racontée par Enrique Sabater« Tout a commencé un lundi, au cours de l'été 1968, lorsque je me suis présenté au domicile du peintre à Port Lligat, qui lui servait aussi d'atelier. J'avais été chargé par une agence de presse de faire une interview de Salvador Dalí, cet été là, sur la Costa Brava. Dalí, je le connaissais pour l'avoir aperçu de loin à Figueres, où il semblait faire partie du décor de l'Empordà. Après avoir montré ma carte de journaliste à Rosa, la gouvernante, j'ai été introduit auprès de l'artiste. Notre conversation a duré un bon moment et, loin de ressembler à une première entrevue entre deux inconnus, cette rencontre semblait celle de deux vieux amis se retrouvant après de longues années de séparation. Enfin quand l'heure a été venue de se quitter, Dalí m'a lancé un « tout ce que vous me demanderez vous coûtera 15 000 $, c'est mon tarif habituel pour les interviews ». Naturellement, je n'avais pas une telle somme sur moi et je ne pouvais pas non plus la réunir promptement, dans des délais raisonnables. Salvador Dalí y a facilement remédié : « ne vous en faites pas. Revenez me voir après-demain. Peu importe que vous apportiez ou non cet argent. » Lui sachant gré de sa gentillesse, j'ai de nouveau frappé à la porte de Port Lligat, quarante-huit heures plus tard ; a alors commencé une discussion captivante, un agréable tête-à-tête avec, en toile de fond, la vie quotidienne de l'Empordà. Une fois encore, alors que je pensais que nous n'aurions plus l'occasion de nous revoir, il a ajouté, en guise de postscriptum : « Pourquoi ne revenez-vous pas demain ? ». C'est ce que j'ai fait durant les douze années de ma vie que j'ai consacrées à Salvador Dalí et à son univers. »